Lucho, habitude de l'absence
Comme en début de saison, Marseille va devoir composer plusieurs semaines sans Lucho Gonzalez. Jusqu'ici, sa présence ne faisait pas de différence.
Lucho Gonzalez n'a pas de chance. Depuis un an, il multiplie les blessures. Dans ces conditions, son statut de star de l'équipe devient lourd à porter. Les supporters attendent un patron sur le terrain et en dehors. Un joueur capable de faire la différence à lui tout seul ou presque. Au minimum de marquer et de faire marquer pour optimiser un secteur offensif peu efficace. Mais Lucho joue peu. Blessé à la clavicule en amical contre Saint-Etienne, il n'a disputé que 5 matches en L1 (un but) et 3 en C1 (0 but). Trop peu pour convaincre. Les supporters s'en donnent à coeur joie sur les forums, le traitant de «Ben Arfa bis» ou pire encore. Niang, son capitaine, l'a même défendu récemment. «Ce n'est pas un problème pour nous. il a de grosses qualités, du talent. Nous devons l'aider en nous adaptant à son style de jeu, alors il deviendra un joueur très important pour nous.»
L'international argentin embarrasse Didier Deschamps, obligé de lui donner du temps de jeu pour l'aider à exprimer son potentiel. Au Mans, il a même bouleversé ses principes en instaurant un milieu en losange, Lucho en pointe. Puis il l'a essayé au milieu, derrière les deux attaquants. Contre Toulouse, il était en progrès, malgré des problèmes évidents de complémentarité avec ses coéquipiers. «Samedi dernier, il était plutôt dans une phase ascendante, a estimé Deschamps. Pendant la première demi-heure il était très important dans notre jeu. J'espère qu'il reviendra vite parce qu'au-delà du joueur, sur le plan humain, c'est vraiment un bon gars. J'espère qu'il ne va pas connaître une nouvelle tuile. Il en a déjà beaucoup eu.» Lucho souffre pourtant d'une entorse à la cheville et devrait être absent un mois environ. Il ratera plusieurs rendez-vous très importants, Lyon, Paris et peut-être Milan.
Paradoxalement, cette absence pourrait servir Deschamps et le libérer dans ses choix. Redevenu fidèle à son 4-3-3, il a toute latitude pour faire de Valbuena ou Ben Arfa le dépositaire du jeu ou d'utiliser les qualités d'Abriel et de Cheyrou. L'OM ne réussissait pas si mal en début de saison dans cette configuration. Il est temps peut-être de donner du temps à une organisation pour que les joueurs puissent prendre leurs repères. - Hélène FOXONET, à Marseille.
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